Hong Kong – appréciée, mais pas tout de suite.

Il nous avait été conseillé, afin d’obtenir notre visa chinois, de réserver un vol prouvant notre sortie du territoire. Nous avions donc réservé un vol Hong-Kong – Bangkok pour le 17 novembre, mais n’étions pas sûr de l’utiliser. Finalement, c’est bien en rejoignant Hong Kong que nous avons définitivement quitté la Chine. Même si Hong Kong fait, en quelque sorte, partie de la Chine, la monnaie y est différente et une fois la frontière passée, il est impossible de faire marche arrière.

Les premiers sentiments ne sont pas toujours les bons
Nos premières impressions ne sont pas des meilleures… Les premiers contacts que nous avons sont peu sympathiques, les prix sont plus proches de ceux pratiqués en Europe et les hôtels à petit budget pas franchement attirants. Si nous devions prendre notre avion le jour-même, voilà les seules choses que nous retiendrions de Hong Kong. Heureusement, nous y passons quatre jours, ce qui nous permet de modifier notre appréciation finale.

Au premier abord, Hong Kong ne semble être qu’une très grande ville tout ce qu’il y a de plus moderne. On peut par exemple se déplacer très facilement en métro ou utiliser sa carte de crédit dans l’un des nombreux centres commerciaux. Enfin pas dans n’importe lequel… Nous n’avons jamais vu autant de magasins de luxe. Connaissez-vous Prada, Vuitton, Gucci, Rolex, Mont-Blanc, Chanel, Audemars-Piguet? A Hong Kong, ils sont partout! Et pas qu’une fois! Le marché haut de gamme doit donc avoir une clientèle plutôt importante. Les fast-food bordent aussi très souvent les trottoirs. Un petit creux? Mc Do est là, tous les 500 mètres, pour vous servir. Plutôt soif? Alors allez chez Starbucks, vous en trouverez tous les 200 mètres! Au début, cette abondance de luxe et de mondialisation nous a fortement dérangés, certainement à cause du fort contraste d’avec la Chine, puis nous nous y sommes habitués. Nous avons alors découvert de nombreux attraits offerts par ces îles. La nuit, par exemple, la vue sur les buildings éclairés est incroyable; d’autant plus depuis le site de la Fête de la Bière 😉 Les parcs sont de sympathiques lieux pour un petit déjeuner. Les déplacements en ferry sont des plus appréciables et permettent de se rendre dans des pittoresques villages de pêcheurs. Finalement, quatre jours n’auront pas été suffisants pour découvrir toutes les ressources de Hong Kong. Nous aurions pu faire de nombreuses randonnées, prendre un ou deux télécabines, faire du surf depuis l’une des belles plages, ou même passer une journée à Disneyland. Une prochaine fois, peut-être…

Quatre mois en Chine

Vous aurez peut-être remarqué que les différents articles ne sont pas écrits de la même manière. C’est qu’ils sont parfois écrits par « elle » et d’autres par « lui ». Car écrire à quatre mains, ils ont essayé, mais ça n’a pas fonctionné…

Pour marquer la fin d’un voyage de quatre mois en Chine, tous les deux avait tant à dire, qu’ils ont décidé d’écrire chacun un article, mais sans se concerter.

La Chine vue par Sophie
Le 20 juillet dernier, accompagnée de mon cher et tendre, je montai dans mon premier avion en direction de l’Asie. Première destination, la Chine. Je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre. On m’avait seulement dit qu’à Pékin, en juillet, il ferait extrêmement chaud et humide, que les Chinois crachaient beaucoup et que les toilettes publiques, si sales, étaient à éviter. Moyennement réjouissant tout cela, non? Moi, je me demandais avant tout comment nous nous débrouillerions avec cette langue qui n’a rien de commun avec celles que nous connaissons. Aujourd’hui, après quelque quatre mois de voyage dans cette République populaire, j’y vois nettement plus clair.

La Chine est immense! Cela, pratiquement tout le monde le sait. Même en quatre mois, nous n’avons pu nous rendre dans toutes les régions. Comme nous voulions prendre notre temps, nous avons dû faire des choix. Nous n’avons pas visité la côte est et la région de Shanghai, ni l’extrême Ouest et ses Ouïghours. Mais un jour, c’est sûr, nous nous y arrêterons, parce que la Chine, nous avons adoré! Oui, c’est vrai, très souvent, les gens crachent après s’être profondément raclé la gorge (d’ailleurs, les premiers temps, c’est plutôt choquant). Oui, la majorité des toilettes publiques sont vraiment sales (immonde même, en fait). Oui, la cigarette est encore partout et peut s’avérer gênante, surtout durant de longs trajets en bus. Mais ce n’est pas ces quelques aspects négatifs que je retiendrai de la Chine. La Chine, d’après plusieurs points de vue, culturel, humain, ou culinaire notamment, s’avère extrêmement riche. La Grande Muraille, le Monastère suspendu et les Bouddhas des grottes de Datong, l’armée de terre cuite de Xi’an et les monastères tibétains, par exemple, resteront de magnifiques souvenirs. Les sites naturels de toute beauté ne manquent pas non plus: les steppes de Mongolie Intérieure, les montagnes du Wutai Shan ou du Hua Shan, les lacs et les montagnes du Tibet, les forêts et eaux turquoises de la région de Jiuzhaigou , la Gorge du Saut du tigre ou encore les pics karstiques du Yunnan nous ont offerts des paysages grandioses. Humainement, nous avons eu affaire à des gens souvent rudes au premier à bord, mais très souvent prêts à nous aider en nous renseignant ou nous guidant par exemple. Régulièrement, nous avons été frustrés de ne pouvoir communiquer avec les locaux. Questionner les gens sur leur vie quotidienne, leurs idées ou leurs sentiments s’avère impossible tant qu’aucune langue n’est commune. Par chance, plus nous nous sommes approchés du sud du pays, plus nous avons rencontré des gens parlant anglais. Discuter avec eux nous a permis de comprendre un peu mieux leur état d’esprit. Je n’oublierai pas les paroles de cette jeune mariée de retour de lune de miel du Tibet qui disait que vivre en Europe devait être tellement plus facile. En Chine, disait-elle, il y a tellement de monde, qu’il faut se battre pour tout. Étudier, par exemple, ou savoir parler l’anglais, n’est même pas une garantie d’un bon avenir, car il y a tant de monde sur le marché du travail que décrocher un job n’est pas une mince affaire. Je n’oublierai pas non plus les mots échangés avec certains Tibétains. Si ces temps, dans les journaux occidentaux, on ne parle plus beaucoup de ce qu’il se passe dans leur région, cela ne veut pas dire que dans les années 2000 leur situation ait évolué dans le bon sens. Peut-être ont-ils un meilleur accès aux soins ou à l’éducation et qu’ils ne vivent pas si mal grâce au tourisme, mais ils ne sont pas libres. Pas libres de se déplacer à leur guise, pas libres d’adorer leur chef spirituel, pas libres de parler de politique. Je repenserai aussi aux discussions sur la nourriture. Les Chinois se sont souvent montrés surpris lorsque nous grignotions des carottes crues…

  • Comme des lapins?!
  • Oui, c’est trop bon. Cela peut vous sembler bizarre, mais vos pattes de poulet nous font le même effet… Nous adorons vraiment la cuisine chinoise si variée, mais vraiment, nous ne désirons pas goûter à ces pattes. Et à ce propos, mangez-vous des chiens?
  • Quoi?! Mais non, les chiens sont les amis de l’homme!

Alors malgré ce que l’on pense parfois en Europe, la plupart des Chinois ne mangent pas de chien. En tout cas, en quatre mois de voyage, nous n’en avons jamais vu dans des assiettes… Pourtant, si l’on regarde certains reportages télévisés, l’on pourrait croire que manger du chien est monnaie courante. Un reportage de TF1, notamment, montrant l’horreur des enfants enlevés en Chine (un chaque minute), laisse entendre que les Chinois mangent du chien, cherchent à tout prix à avoir un fils et n’aiment donc pas les petites filles – et ce en quelques minutes seulement. Alors oui, ce sont des réalités, mais valables uniquement dans certaines régions! D’ailleurs, nous avons été fortement surpris d’être autorisés à voir un tel reportage sur Internet depuis la Chine, car la toile est extrêmement contrôlée. L’accès à Facebook ou Youtube est par exemple impossible, à cause de la censure gouvernementale. De même que les statistiques ou sources historiques sont restées cachées jusqu’à il y a peu, aujourd’hui, l’information est fortement orientée par les autorités. Séjourner dans un pays avec un tel contrôle pour nous qui sommes si libres de pensées a souvent été étrange, notamment lorsqu’il s’agissait de regarder les nouvelles télévisées en anglais. A notre retour, nous n’apprécierons donc qu’encore plus notre droit de vote! Mais le retour n’est pas pour tout de suite. Nous avons encore tant de cultures et de sites naturels ou culturels à découvrir que nous allons poursuivre notre route avec la plus grande des attentions.

La Chine vue par Fabrice
Je n’aime pas vraiment faire de bilan en matière de voyage… Cela consisterait à peser le pour et le contre de nos expériences, d’en sortir un résultat selon la quantité positives ou négatives de celles-ci pour enfin définir un : j’aime ce pays ou je n’aime pas ce pays.

La Chine a tellement de facettes, qu’on ne peut pas s’essayer à ce genre d’équation. J’ai le sentiment aujourd’hui, qu’il faut surtout passer par-dessus les images que l’on a de la politique chinoise et se laisser porter par sa culture.

S’il y a une image que je devrais retenir, alors ça serait celle de ces milliers de personnes qui se regroupent tous les jours, matin et soir, dans les parcs, pour y pratiquer toutes sortes de danses, de musiques ou de jeux. Car c’est bien là le moteur de la culture chinoise : vivre ensemble. C’est un raccourci, je l’admets. Il ne faut pas se voiler la face, il y a aussi de fortes tensions entre les différentes ethnies du pays. En attendant, la danse dans les parcs leur est commun à tous. Le risque aujourd’hui pour les Chinois, c’est sans aucun doute le glissement vers une société de plus en plus capitalise et individualiste, qui s’attaque au cœur même de cette culture.

Et puis il y a les Chinois! Fiers, serviables, souriants, bruyants, actifs, pas discrets, incompréhensibles, drôles. Nous pouvons compter sur les doigts d’une main le nombre de « conflits » que nous avons eu avec eux. En quatre mois, reconnaissez que ça ne fait pas grand chose. Et là encore, je ne m’y attendais pas. « Voyager en Chine, c’est compliqué » nous a-t-on répété avant notre départ… Avis au voyageur : voyager en Chine, il n’y a rien de plus simple! Il y a toujours quelqu’un pour vous aider, même s’il ne parle pas un mot d’une langue que vous connaissez. En plus, pas d’entourloupe! Les Chinois sont fiers, ne vous l’avais-je pas déjà dit?! Vous arriverez toujours à bon port, quoi qu’il en soit.

Finalement, c’est ça que je retiendrai de ce périples chinois… Les gens, et eux m’ont conquis.

J’ai aussi envie de vous parler du Tibet. De sa beauté, de Lhassa et son ambiance si spéciale, de ses habitants et de la situation inadmissible dans laquelle ils vivent. Ce que veulent les Tibétains? Avoir un passeport, pouvoir se déplacer sans en demander l’autorisation, ne pas voir leur culture disparaître gentiment parce que gommée ou interdite peu à peu par le gouvernement chinois, bref être LIBRES. Je pense à cet homme, que j’ai vu pleurer un soir, un sourire sur la figue en évoquant cette situation. Presque résigné et un peu fataliste, mais n’ayant cependant pas perdu tout espoir. Un jour peut-être, la communauté internationale osera taper du point sur la table. En attendant, j’ai peur que ce jour n’arrive jamais.

Voilà tout le contraste qui résume ce gigantesque pays. D’un côté, un gouvernement qui n’en fait qu’à sa tête et qui ne respecte pas grand chose hormis le développement économique du pays. De l’autre, une population avec un fort caractère, travailleuse et qui a su garder ses valeurs profondes. Si je m’étais arrêté à la politique, je n’aurais jamais pu apprécier tout ce que les Chinois ont à nous apprendre et à nous offrir. Alors si vous en avez la possibilité, faites de même et laissez tomber vos aprioris!

Et plus belle est la route.

Un peu de changement.
Normalement, dans cet article, nous aurions dû vous raconter notre visite de Kunming, celles de Guilin et de Yangshuo… Vous aurez le droit aux photos, mais pour le reste, nous resterons discrets sur nos aventures et nos visites. Bien sûr, nous avons eu des moments magiques, comme ce pêcheur aux cormorans, vu par hasard à la tombée de la nuit. Ou l’extrême beauté des paysages du Guangxi avec ses pics karstiques. Ou encore l’infinie patience des habitants de Dazhai qui, à la force de leurs bras, ont sculpté des rizières en terrasse de plus de 1’000 mètres de haut! Mais nous avons d’autres choses plus essentielles à vous raconter…

Seul le chemin importe vraiment.
La vie de voyageur ne se résume pas à bouger tous les jours dans des endroits magnifiques, d’en faire le tour puis de reprendre son sac et de recommencer. Il y a tant d’autres choses, bien plus simples et subtiles, qui nous motivent d’avantage. Finalement, lorsque l’on voyage, on ne fait que choisir une destination. Nous n’inventons rien, mais après quatre mois en Chine, nous sommes persuadés d’une chose : le meilleur dans le voyage, c’est le chemin que nous avons parcouru et les rencontres que nous avons faites!

A propos de rencontres, il y a des choses relativement troublantes… A ShuangLang , dans le Yunnan, nous rencontrons Max qui vit en Chine avec sa femme depuis six ans. Il vient d’ouvrir une « pâtisserie-restaurant » dans le village. En discutant avec lui, nous nous rendons compte qu’il a travaillé longtemps à deux pas de chez nous en Suisse, près de Neuchâtel et qu’il connait très bien la région d’Yverdon!

Il y aussi Ben – un américain qui vit en Chine (vous retrouvez son blog dans nos lien) – avec qui nous avions vraiment sympathisé juste avant de nous rendre au Tibet. Par un incroyable hasard, nous le recroisons 3’000 km plus loin à Guilin! Nous passons tout autant de bons moments avec Nick et Rachael, rencontrés dans notre périple de la Gorge du Saut du Tigre, qui nous invitent à partager une soirée avec eux à Kunming où ils étudient.

Enfin, il y a Bastiaan et Eva, qui ont vécu deux ans au Tadjikistan (cela fera d’ailleurs sûrement l’objet d’un portrait) avec qui il est probable que nous passions nouvel-an sur une île en Thaïlande ou ailleurs…
On pourrait continuer la liste encore longtemps, toutes ces rencontres étant d’une richesse infinie. Pourtant, il n’est pas toujours facile de rencontrer des personnes avec qui nous avons tant d’affinités. Après quelques jours passés ensemble, il n’est pas facile non plus de se séparer et de chacun poursuivre sa propre route. On se dit que, quoi qu’il en soit, on se reverra certainement un jour.

Le bus en Chine compliqué? Mais non, rien de plus simple!
En ce qui concerne le chemin que nous avons parcouru, nous allons prendre un exemple concret… De Guilin, nous avons la possibilité de nous rendre à Dazhai pour admirer des rizières en terrasses. Pour nous y rendre, nous avons deux options. La première consiste à monter dans un minibus privé pour 40 RMB par personne qui met un peu moins de deux heures. La deuxième, est de s’y rendre avec les transports publics, en bus local. Ni une, ni deux, nous optons sans hésitation pour la seconde option et en voici la raison: le bus local en Chine, s’est bien plus sympa! D’abord, il faut se faire correctement comprendre au guichet de bus sur la destination que vous avez choisie. Pour ça, vous aurez toujours deux à cinq Chinois (voir plus) pour vous aider! Ensuite, ne surtout pas vous inquiéter si on vous pose n’importe où en vous faisant des signes parfois incompréhensibles. Pour notre trajet, par exemple, nous avons pris trois bus différents et sommes revenus deux fois en arrière sur plusieurs kilomètres. Il y a quatre mois, nous nous serions inquiétés, mais aujourd’hui on ne pose même plus de question: les Chinois vous amènent toujours à bon port! Et puis il y a surtout les passagers du bus! Ha, quel bonheur d’assister à une transaction de volaille – entendez par là pèse et négociation du poulet vivant – à bord du bus! Quelques instants plus tard, nous sommes envahis par les enfants qui sortent de l’école et qui se font remettre à l’ordre tant bien que mal par la « directrice de bus ». Tout ça se fait dans la joie, le bruit, la fumée et la bonne humeur! Définitivement, il n’y a rien de mieux pour comprendre la culture chinoise que de monter à bord de leur engin.

Le Paradis existe… nous l’avons trouvé!

Cet article a deux objectifs. Le premier, nous l’avouons, est un peu de vous faire envie. Le deuxième est de tenter de vous expliquer clairement ce qu’est le tourisme en Chine et quelles en sont ses conséquences.

Des cafés plus que des visites.
Dali est depuis longtemps une ville incontournable pour de nombreux touristes et backpackers. Comme tout le monde, nous nous y arrêtons quelques jours. L’endroit est agréable pour se détendre. De nombreux cafés nous ouvrent grands leurs bras et la météo maussade nous « force » à y passer de longs moments.
Mais après inspection de la ville, nous n’y trouvons guère d’autre attrait. Certes, il y a de jolies rues pavées et une architecture « d’époque », mais nous en avons définitivement marre de croiser trop de touristes qui suivent le même chemin. D’ailleurs, l’activité la plus intéressante pour nous, est sans conteste une belle marche à flanc de coteaux, sur la montagne qui surplombe la ville.

État des lieux avant la tempête.
C’est un hôtel plein de charme (le Sky Sea Lodge), les pieds dans l’eau, de style méditerranéen. La vie y est paisible, les touristes absents et les chaises longues confortables! Situé à ShuangLang, au bord du lac de Dali, ce petit village a tout d’un futur centre touristique. Ce qu’il l’en empêche pour l’instant : son accès relativement difficile (2 heures pour 50km), mais ne vous en faîtes pas, les chinois y travaillent! Une route est en construction de ce côté du lac, qui est nettement moins développé que son vis à vis. Toutefois, après quelques discussions, nous apprenons que le chantier a été stoppé il y a quelques mois pour cause de corruption et que les chances de voir un jour la route terminée sont minces.

Pourtant, les quais du port, flambant neufs, sont prêts à accueillir les touristes… Peut-être ceux-ci n’arriveront jamais à ShuangLang? Allez savoir, la Chine n’est pas en manque de sites merveilleux à développer, ou détruire, cela dépend de la vision que l’on a des choses. Reste qu’une explosion du tourisme à cet endroit serait une aubaine pour ses habitants et permettrait de créer un nombre significatif d’emplois. Développement économique ou préservation du patrimoine, malheureusement ici, c’est soit l’un soit l’autre. Le développement durable en Chine n’est encore qu’un concept et on est en droit de se demander où passebt les sommes faramineuses ponctionnées aux touristes… L’entretien des sites n’étant, en général, pas une priorité budgétaire. Bref, l’avenir nous dira si ShuangLang subira ou non « l’effet chinois ».

Un endroit à part…

Toujours à ShuangLang, nous profitons de notre après-midi pour visiter la petite presqu’ile qui se détache du village. Nous nous perdons dans les ruelles et au bout de celles-ci, nous découvrons un bâtiment ultra-moderne qui se détache complétement du reste du village. Cette immense villa est en fait un hôtel et également la résidence d’un peintre chinois. Nous y buvons un café et insistons un peu pour visiter les lieux. Après une légère hésitation, nous sommes invités à faire un petit tour du propriétaire. Que dire? Un endroit magique! Le mélange de pierres anciennes, de métal, de jeux de miroirs et de verre est somptueux. La décoration ne laisse planer aucun doute sur l’ambiance très « asiatique-zen » qui règne ici. D’ailleurs, les terrasses supérieures sont conçues pour la pratique du Yoga, nous dit-on. Le bar, quant à lui, une réserve de vins des plus intéressantes. La nuit se monte à 1’200 RMB (200CHF) en haute saison, mais la patronne est prête à nous faire un prix… 600 RMB (90 CHF), nous hésitons un instant, mais la raison nous gagne et nous rentrons dans notre hôtel qui finalement n’est pas si mal 😉

Sacré Tigre…

Première entorse au règlement.
Du Sichuan, nous continuons nos aventures chinoises en direction du sud, au Yunnan. Depuis Chengdu, nous souhaitons nous rendre à Lijiang assez rapidement. Problème : les routes qui y mènent sont dans un état catastrophique, notamment suite aux tremblements de terre de 2008. Un bus nous prendrait au bas mot 24 heures, enfin si nous avons la chance de ne pas rester bloqués dans les travaux… Nombreux sont les récits de voyageurs ayant été coincés 8 heures ou plus sur ces routes. Ajoutez à cela des bus qui vibrent de partout, l’énergie qui nous manque, nous abdiquons et décidons finalement de prendre un avion entre Chengdu et Lijiang. En plus de 3 mois, c’est notre seul trajet aérien alors que depuis le début de notre voyage, nous voulions tout faire ou du moins un maximum par le sol.

La fin des illusions…
Notre parcours en Chine est un peu particulier, dans le sens que nous y avons passé beaucoup plus de temps que la majorité des backpackers que nous croisons. Nos aventures en Mongolie-Intérieure ou dans le Shanxi nous ont permis de nous sentir relativement isolés et le Tibet rebute plus d’un voyageur à cause de son prix et des difficultés administratives qui vont avec. Depuis quelques semaines, nous avons rejoint le sud du pays, sa météo agréable et ses innombrables lieux touristiques. Bref, nous sommes dans le « main-stream » des backpackers et il est dur d’en sortir. Du coup, nous nous retrouvons naturellement sur l’axe incontournable et incontourné Guilin – Kunming – Dali – Lijiang, à la différence près que nous le faisons à contre-sens de la grande majorité.
A Lijang, justement, nous finissons de perdre nos illusions sur les tarifs des visites en Chine. 130 Yuan (~ 20 CHF) par personne pour pouvoir se promener au bord d’un lac… Non merci! La simple entrée dans la ville de Lijiang – ceci dit magnifique – coûte 80 Yuan, nous décidons de resquiller. On aime ce pays, mais les droits d’entrées des sites sont tellement onéreux, qu’ils ont réussi à nous passer l’envie des visites à la longue. Depuis, nous faisons une sélection stricte de ce que nous voulons vraiment voir.

Le Tigre rugit encore!
Lijiang, ses cafés, ses ruelles, ses canaux et une intoxication alimentaire plus tard, l’appel à la nature se fait sentir! Nous prenons donc un bus en direction de la gorge du Saut du Tigre. Une des plus belles balades de Chine à ce qu’il parait… Deux jours plus tard, les jambes fatiguées mais les yeux émerveillés, nous pouvons le confirmer! La gorge du Saut du Tigre est incontournable! La taille de la gorge est difficilement imaginable. Les montagnes, qui s’élèvent à plus de 5’200 mètres, plongent à pic dans une gorge située 3’500 mètres plus bas!
Nous ferons donc l’itinéraire conseillé en deux jours – accompagné de Tobbias, from Australia – et le site nous révélera quelques bonnes surprises… D’abord, il est entièrement gratuit depuis qu’un éboulement de terrain a coupé la route de la vallée. Ensuite, nous ne croiserons que très peu de monde sur notre chemin, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Le sentier est magnifique, bien que relativement éprouvant, le temps clément et notre moral au plus haut. Notre chemin surplombe la vallée durant la majorité du parcours et l’on peut entendre les eaux de la rivière rugir en bas. Les sommets enneigés qui dominent en face nous donnent même un peu le sentiment d’être en Suisse.
La véritable difficulté du parcours constitue à descendre – et surtout à remonter (!) – jusqu’au Rocher du Saut du Tigre. Pour la petite histoire, la légende veut qu’un tigre ait échappé à un chasseur en s’aidant de ce rocher pour traverser la rivière. Après vérification, il semble que l’animal en question devait être un mutant! Au fond de la gorge, la puissance de l’eau est inouïe. Nous y restons quelques instants, fascinés par le spectacle.
Il est temps de remonter… Nous décidons de prendre l’itinéraire le plus court appelé « Sky Ladder », en français « l’échelle du ciel ». Celle-ci porte bien son nom: plus de 30 mètre de montées sur une échelle branlante et sans aucune sécurité! Vertige assuré et adrénaline au maximum! Le reste du chemin et presque taillé dans la roche et nous rappelle à nos souvenirs du Hua Shan… Sacré Tigre, lui au moins devait avoir les cuisses d’Usain Bolt!

Des pandas, des chevaux et des couleurs d’automne.

Des pandas.
A Chengdu (Sichuan), capitale des pandas, si l’on peut dire, nous n’avons pu nous empêcher de leur rendre une nouvelle visite. Accompagnés de Tamara et Mickaël, deux Lausannois, nous avons à nouveau eu beaucoup de chance. Le temps était ni pluvieux, ni froid, simplement brumeux, et les pandas étaient donc au meilleur de leur forme! Cette visite au parc nous a même offert une belle surprise: six bébés pandas étaient nés il n’y a pas si longtemps. Ils n’avaient pas encore grandi de 300%, eux… Visibles de derrière une vitre, nous n’avons pu les prendre en photo. Nous pouvons seulement vous dire qu’ils étaient vraiment petits et très mignons, d’autant plus lorsqu’ils buvaient au biberon.

Depuis Chengdu, nous avons consacré une journée à la visite du Bouddha géant de Leshan. Habituellement, cet endroit est bondé de visiteurs chinois, ce qui peut rendre la visite quelque peu ennuyante, mais nous n’avons pas rencontré ce problème et donc vraiment apprécié la vue de ce Bouddha si grand, ainsi que la balade dans le parc qui l’entoure. La végétation du Sichuan, plutôt tropicale, est bien différente de celle que nous avons rencontrée jusque là.

Des chevaux.
6h48… 6h48?! Oh M@%/&! Nous n’avons pas entendu l’alarme de nos montres… Cela fait une heure que nous devrions être levés! Eh oui, ne croyez pas que quand on voyage une année on se lève tous les jours après 10h… Fab me dit que cela fait un moment déjà qu’il rêve que nous sommes en retard. Je lui dit que la prochaine fois, au lieu de rêver, il pourrait se lever! Le pire est que nous avions rendez-vous avec Natasha, une Australienne, à 6h15 pour partager un taxi qui devait nous emmener à la gare de bus. Nous faisons donc nos sacs en cinq minutes, sautons dans nos vêtements et courons dans la rue pour tenter d’attraper un taxi. Nous tentons d’expliquer au chauffeur que le bus que nous souhaitons prendre est à 7h30, soit dans 25 minutes. Apparemment, il a compris ce qu’on lui a dit, puisqu’il a roulé vraiment vite, faisant même les feux aux voitures qui attendaient aux feux rouges. A 7h20, nous étions à la gare routière. Malheureusement, il n’y avait plus de billet ce jour-là pour Songpan, là où nous voulions nous rendre. Pas très étonnant en même temps… Nous avons donc dit le nom de cette destination assez fort, espérant que quelqu’un aurait peut-être une solution. C’est alors qu’une femme nous a entendus, nous a fait signe de ne pas bouger, est partie en courant, est revenue, toujours en courant, deux minutes plus tard nous demandant de la suivre. Elle nous a dit qu’un bus allait partir pour Songpan à 8h. Nous avons payé nos billets directement aux gens du véhicule – alors qu’il faut habituellement les prendre au guichet – et le prix juste en plus, et sommes finalement partis. Nous n’étions que huit dans ce grand bus affiché sur aucun horaire. Définitivement, je crois que nous ne comprendrons jamais tout au fonctionnement de la Chine… Parfois, tout y est tellement compliqué – d’autres fois, tout est possible! Nous avons atteint Songpan, à dix heures de bus au nord de Chengdu, après avoir traversé des régions encore détruites suite au tremblement de terre de 2008 – impressionnant! De là, nous sommes partis pour un trek à cheval de trois jours, accompagnés de Natasha que nous avons retrouvée. Nos guides, dont l’un deux balbutiait quelques mots d’anglais, nous ont salués, puis désignés un cheval sur lequel nous devions monter. Et c’était parti! Aucune explication ou consigne de sécurité… Heureusement que nous étions déjà montés sur un cheval, même si cela faisait plusieurs années. Durant trois jours, nous avons traversé des paysages époustouflants: deux ou trois petits villages de style tibétain, des forêts aux couleurs automnales et des plaines où coulaient de jolis ruisseaux ou des rivières. Parfois, nous étions accompagnés par un troupeau de yaks, par quelques cochons noirs ou par un vol d’oiseaux – jamais par d’autres touristes, ce qui est extrêmement rare en Chine. Sur nos montures (Power pour Fabrice qui était toujours devant et FarterPéteur pour moi), nous avons franchi trois cols. Au plat et à la montée, nous étions sur les chevaux qui grimpaient d’une manière inimaginable. Enfin… SUR les chevaux, oui, excepté lorsque le mien s’est encoublé… Heureusement que je ne suis pas tombée dans la rivière ou sur une pierre… Car ne rêvez pas, nous n’avions pas de bombe sur la tête… Dans les descentes, nous devions marcher. Avant de partir pour ce trek, nous nous inquiétions de savoir si nous ferions assez de cheval et pas trop de marche. Au final, à chaque fois que nous devions marcher, nous étions plutôt contents. Cela détendait nos genoux qui étaient vraiment douloureux et nous réchauffait. Nous avions mis toutes nos couches (dont Odlo et Icebreaker, gants et bonnets), mais avons quand même eu bien froid! Une nuit, d’ailleurs, notre tente a gelé. De marque Camthlon, c’était vraiment de la camelote… Comme il a plu quelques heures, de l’eau a transpercé. Malgré une couverture en laine de yak, il faisait vraiment humide et froid. Heureusement, nos guides avaient fait un énorme feu sous la tente principale, réalisée à l’aide d’une simple bâche. C’est là que nous nous tenions pendant qu’ils préparaient les repas. Peut-être sommes-nous bien tombés, mais nos guides cuisinaient aussi bien qu’ils montaient à cheval. La nourriture était simple, mais tellement bonne! Nous avons même apprécié les choux ou les pommes de terre – carottes au petit déjeuner 😉

Des couleurs d’automne
Toujours preneurs de nature, nous avons ensuite pris le temps de visiter la réserve naturelle de Jiuzhaigou, à un peu plus de deux heures en bus de Songpan. Le prix d’entrée est exorbitant (environ 45 CHF par personne), mais nous n’aurions pu manquer ce parc de toute beauté. Après avoir emprunté le bus jusqu’à un premier lac d’une couleur irréelle et avoir marché quinze minutes entourés de centaines de Chinois, nous avons repris le bus dans l’autre sens pour nous rendre dans la vallée parallèle. Là, durant quelque cinq heures de marche, nous n’avons rencontré pratiquement personne puisque, nous commençons à le comprendre, les Chinois ne sortent pas des grands axes. Durant cette promenade partagée avec Tobias, un Allemand arrivant à la fin de son année de voyage qui parlait extrêmement bien français, nous n’avons cessé de nous extasier. Lacs transparents de couleur turquoise, rivières, chutes, tout était magnifique, d’autant plus avec les couleurs d’automne environnantes.

15 jours au Tibet.

Il y a des destinations particulières dans un voyage. Avant de partir, nous étions hésitants sur le fait d’aller au Tibet. Après 15 jours passés sur le toit du monde, nous revenons avec les rétines marquées pour le reste de notre vie. Le Tibet est magique! On devrait s’arrêter là, mais nous allons essayer de vous transmettre quelques-uns de nos sentiments.

Le Tibet, c’est haut!

Pour comprendre comment se passe un voyage sur le toit du monde, il faut d’abord connaître un peu sa géographie. Lhassa, la capitale, se situe à plus de 3’600 mètres d’altitude. Pour y arriver, trois possibilités: l’avion, le train ou la route. Nous avons opté pour la seconde qui a l’avantage de nous faire découvrir les hauts plateaux tibétains et de nous acclimater gentiment à l’altitude. Concrètement, le train reliant Beijing à Lhassa – nous ne le prenons que depuis Xining – est le plus haut du monde et nous avons passé une bonne partie du trajet à plus de 5’000 mètres!
Ensuite, la situation politique est telle qu’il est quasiment impossible de s’y rendre ou de s’y déplacer par ses propres moyens. Il nous a donc fallu passer par une agence qui nous a fourni un permis, un chauffeur et un guide. Pour ce voyage, afin de diminuer un peu les frais, nous avons été joints par Obasan et Pierre (une Japonaise et un Français). Pour en savoir plus sur leur voyage, rendez-vous sur http://thetravelsofobasan.blogspot.com/.

Lhassa, ville à part.

Ce qui frappe tout de suite en arrivant, c’est l’étrange atmosphère qui règne dans cette ville. Mélange de spiritualité, d’authenticité et de tension. Les pèlerins suivent religieusement le kora (circuit de pèlerinage autour d’un temple) autour du Temple du Jokhang (haut lieu du Bouddhisme) sous les yeux de centaines de militaires qui sont postés à tous les coins de rue et sur les toits de la ville. Les ruelles sont enfumées par l’encens que brûlent les gens dans des sortes de fours blancs. Des carcasses de yaks s’étalent sur les marchés à côté de minis magasins de souvenirs. Dans le flot de pèlerins, certains se prosternent tous les deux mètres au milieu de la foule. On voit des Tibétains venus en pèlerinage dans cette ville sainte depuis de lointaines contrées – on les reconnait à leurs coiffures et habits particuliers. Des moines partout, mais jamais en groupe. Et sur les toits, des militaires… Et dans les rues, des caméras…

Le Tibet, côté pile.

Ici la nature est reine. Le lac Nam-Tso, par exemple, est probablement l’une des plus belles choses que nous ayons vue. Les couleurs changent à chaque instant selon l’ensoleillement. L’eau est parfois turquoise, puis verte ou bleu profond. D’immenses prairies le bordent puis, dans le fond, des sommets enneigés et aucun arbre à l’horizon. Le vent balaye fortement cette zone et fait s’envoler d’innombrables drapeaux de prières, à tel point qu’ils forment comme un abri au-dessus de nos têtes. Il fait froid et la neige s’invite même sur notre route, nous rappelant que nous sommes fin septembre et que l’hiver pointe le bout de son nez.

Partout sur notre chemin, des troupeaux de yaks ou de moutons pâturent avec leurs bergers. Dans les vallées, il est l’heure des moissons et dans les champs, les gens travaillent à la récolte. Certains de manière moderne, d’autres à la main avec des chevaux ou des yaks à la place des tracteurs.

Après un trajet sur une route chaotique, nous passons un col à plus de 4’500 mètres (encore un!) et là le Qomolangma – pardon l’Everest – se dresse devant nous pour les dernières minutes de la journée. Instant magique, nous voilà devant la fameuse Face Nord! Trois jours suivront sans un seul nuage dans le ciel, ce qui est rarissime, apparemment. Des voyageurs nous ont dit ne jamais l’avoir vu en entier durant la totalité de leur séjour. On pensait avoir grillé nos cartouches de chance avec les Pandas, mais non!

Nous poursuivons notre route en direction de la frontière népalaise. Les hauts plateaux tibétains ont une étrange ressemblance avec ceux du Haut Atlas marocain. La Route de l’Amitié, nous menant à la douane népalaise, nous fait descendre de quelques 2’500 mètres en une journée! Au fur et à mesure de la descente, une végétation tropicale fait son apparition. Au bout de la route, la ville de Zhangmu s’étale le long de l’unique et étroite voie d’accès reliant les deux pays. Nous accompagnons Pierre à la frontière, le Népal de l’autre côté du pont nous tend les bras, mais nous devons repartir… Notre visa chinois n’expire que dans deux mois et il nous reste beaucoup à voir. Le Népal, ce sera pour une autre fois.

Le Tibet côté face.

L’extrême beauté des paysages ne nous laisse tout de même pas indifférents face à la situation des Tibétains. On ne va pas vous faire ici un cours d’histoire, mais simplement tenter de relater ce que nous avons saisi de la situation actuelle. Dans quel état d’esprit se trouve la population tibétaine? Elle qui ne peut pas circuler librement sur son territoire, qui est surveillée et contrôlée en permanence. Elle qui voit, à chaque coin de rue, les visages de ses « libérateurs« . Nous avons pu, à plusieurs reprises, discuter avec des habitants. Si leur religion leur permet souvent de relativiser leur situation, leurs sentiments sont clairs et ne nécessitent généralement que peu de mots pour être compris. Il y a une véritable peur de ce qui peut être dit, ou plutôt entendu et lorsque parfois quelques mots sont prononcés, le passage d’un inconnu interrompt directement la conversation. Dans ce cas, nous ne forçons pas la discussion qui pourrait avoir de fâcheuses conséquences pour notre interlocuteur.

Nous avons beaucoup d’exemples du genre et nous devons, nous aussi, nous méfier des choses qui nous entourent ici… Le Tibet est probablement l’une des plus belles régions du monde, mais nous ne pouvons pas rester indifférents à la vie que mènent ses habitants. L’accoutumance à cette réalité est souvent une façade. Le sentiment prédominant de la population étant le fatalisme, nous ne pouvons qu’espérer que la situation puisse évoluer dans le bon sens pour les Tibétains. Après tout, un texte ne dit-il pas que chaque être humain naît libre et égaux en droits?!


En attente sur la route pour le Tibet.

Cela fait maintenant une semaine que nous sommes arrivés Xining. Ville de 2mio d’habitants, elle se situe à mi-chemin entre Pékin et Lhassa et constitue donc un excellent point de départ pour le Tibet. Nous espérions y rencontrer deux ou quatre autres personnes désireuses de partager un séjour tibétain, car on ne peut voyager seul dans cette région mythique. Tout voyageur étranger est obligé de passer par une agence qui s’occupera d’obtenir un permis de séjour pour le Tibet et qui lui fournira un guide. Visiter cette province demande donc un investissement financier inhabituel qu’il est préférable de partager à plusieurs. Après deux journées remplies de doutes sur les probabilités de trouver des compagnons de route, la chance nous a souris. Il faut dire que depuis le début de notre voyage, elle ne nous quitte pas. Alors nous ne cessons de dire que oui, nous sommes chanceux, mais que la chance s’entretient. Pierre et Obasan, un Français et une Japonaise acceptent que nous partions ensemble. Le départ est fixé au 19 septembre, soit dans cinq jours. C’est donc le cœur et l’esprit légers que nous pouvons patienter.

A Xining, nos logeons dans une auberge de jeunesse. Nous n’apprécions pas toujours ces lieux souvent bondés où l’on oublie dans quel pays l’on se trouve, car tout le monde parle anglais, allemand ou français tout en mangeant pizzas, lasagnes et autres plats occidentaux. Or, celle-ci est plutôt sympathique: elle n’est pas pleine à craquer et les voyageurs qui l’occupent sont vraiment très sympathiques. Nous n’avons jamais le temps de nous ennuyer, car il y a toujours quelqu’un pour proposer une activité. Avec certains, nous partons nous balader, avec d’autres nous jouons aux cartes, discutons ou allons manger. L’endroit ressemble donc à une joyeuse colonie de vacances. Puis au fil des jours, certains partent et d’autres arrivent. Aujourd’hui, nous sommes les derniers à quitter le lieu. A 22h40, nous nous endormirons paisiblement, bercés par les mouvements du train pour Lhassa (3600m). Au réveil, nous découvrirons les premiers hauts plateaux tibétains que nous pourrons observer depuis la plus haute ligne ferroviaire du monde.

Durant les 15 jours que nous passerons au Tibet, nous ne devrions avoir accès à aucun Wi-fi, car Internet est très contrôlé dans cette région sous haute protection chinoise. Vous n’aurez donc bruit de notre séjour là-bas qu’autour du 5 octobre. Nous pouvons cependant déjà dire que nous apprécions beaucoup la nourriture tibétaine (lait et viande de yak par exemple) que nous avons déjà eu la chance de goûter. Cependant, pour pouvoir la supporter durant 15 jours, ce soir, nous ferons une exception en mangeant dans un vrai restaurant italien (denrée extrêmement rare) 😉

Beaucoup de chance et un peu de mérite.

Notre arrêt à Xi’an nous a permis de faire beaucoup de choses. D’abord, bien évidemment, la découverte de l’incroyable armée de terre cuite (voir article précédent), mais aussi l’occasion de compléter le Top 3 des visites en Chine… Car voilà, le top 3 se compose ainsi : Grande Muraille + Armée de terre cuite + Pandas. On s’est donc soigneusement attaché à compléter se tiercé gagnant et sommes allés à la découverte de ces gentilles bêtes.

Nos amis les pandas!

Plusieurs choses à savoir à propos de cet animal adulé en Chine. D’abord, s’il vit encore dans quelques zones à l’état sauvage, il est quasiment impossible de le voir dans la nature. C’est que le nounours est assez fort à cache-cache et vit sur des territoires difficiles d’accès. Ensuite, celui-ci étant protégé et en voie d’extinction, il n’y a pas beaucoup d’endroits où on peut le voir dans de bonnes conditions. Nous profitons donc d’un tour organisé avec 5 autres personnes pour nous rendre dans un centre de recherches et préservation de l’espèce. Arrivés là-bas, nous constatons que nous sommes extrêmement chanceux, et ce à plusieurs égards. Le centre est accessible au public, mais nous n’y voyons absolument aucun touriste et nous sommes vraiment tranquilles pour observer les animaux. Mais notre plus grande chance, ce jour là, fut la météo… Brumeux, frais et pas pluvieux! Car oui, les pandas ont aussi besoin de leur Top 3 pour montrer le bout de leur museau.

Presque tous les pensionnaires des lieux se sont montrés, même le panda brun du parc – animal encore plus rare. Les enclos ne sont pas grillagés et nous les observons du haut de leur fosse. Certes, ils n’ont pas à disposition les mêmes étendues qu’à l’état naturel, mais c’est toujours largement mieux que dans un zoo! Ils sont très joueurs, nous les soupçonnons même de faire un peu le show juste pour nous. On demande également s’il y a des bébés dans le parc. Réponse affirmative. On croyait voir un adulte, mais le panda grandit de 300% la première année! Par contre pas de petit en 2010 – « bad year! ». On repart enchantés d’avoir pu passer un moment privilégié et complétons ainsi avec brio notre Top 3!

Quelques heures dans le souk marocain

Nous poursuivons notre visite de Xi’an en explorant le quartier musulman. Nous sommes déçus par la visite de la mosquée (une des plus grandes de Chine, apparemment) qui ressemble en tout à un temple taoïste. D’ailleurs, même le minaret est une pagode chinoise – une pagode chinoise servant de minaret, serait-ce légal en Suisse ;-). Nous sommes par contre surpris, mais ravis, de retrouver un peu de Maroc au centre de la Chine. Les étroites ruelles nous donnent l’occasion de mettre en avant nos talents pour marchander. Deux t-shirts pour 260?! Vous rigolez… On vous en donne 35. Ok, marché conclu 🙂

Un petit effort!
Le jour suivant, nous décidons de nous rendre dans les montagnes du Hua Shan. Le lieu est réputé très beau mais aussi très fréquenté. Ces montagnes qui se situent à 2 heures de Xi’an, sont non seulement chargées de spiritualité (où taoïsme et bouddhisme se mélangent), mais également un site naturel aux formes époustouflantes. Pour monter sur le l’un des cinq sommets, il n’y a pas 25 solutions. Soit on prend le téléférique, soit on marche! Alors pour faire honneur à notre nationalité, on s’est dit qu’on allait faire fonctionner nos gambettes… Le résultat final peut se mettre en chiffres pour mieux s’apprécier:

Départ : 382 m.
Arrivée : 2100 m.
Dénivellation positive: 1718 m.
Distance parcourue : 8300 m.
Pente moyenne (!) : 21%
Durée : 5h01min 42 secondes
État final des Dunant : LESSIVÉS!!!

Nous sommes quand même assez fiers de nous. Il faut dire que le parcours n’a rien d’une promenade du dimanche. Les ¾ du chemin sont en fait des escaliers et certains passages sont vraiment impressionnants! Presque à la verticale, avec une grosse chaîne pour s’aider et des marches taillées dans la roche, chez nous, on appelle ça une via-ferrata! En plus, nous portons nos sacs qui sont plutôt lourds, pas évident! Arrivés au sommet, une foule de touristes chinois – qui eux sont montés en téléférique – se suivent sur les escaliers étroits qui serpentent sur la crête. Ils sont très mal équipés. Certaines femmes portent même des talons hauts…

Sur les recommandations du LonelyPlanet, nous nous rendons au pic de l’est, beaucoup moins fréquenté, mais tout aussi beau. Nous y retrouvons Rex et Beni, deux jeunes habitants de Hong Kong – nous les reverrons en novembre – que nous avions rencontrés dans le bus ainsi que deux français avec qui nous partageons le même dortoir. Nous profitons de la soirée pour admirer un magnifique coucher de soleil et partager un repas ensemble. Le lendemain matin, réveil à 5h30 pour voir le lever du soleil… Il fait froid, on est un peu fatigués et nos jambes sont lourdes, mais qu’importe. Le ciel s’éclaircit doucement, les montagnes se dessinent au loin, la boule rouge-orange pointe le bout de son nez et nous réchauffe doucement, nous sommes les rois du Monde!

« Mur aïe… »

Pingyao (Shanxi) et Xi’an (Shaanxi), deux villes fortifiées, nous offrent la possibilité de passer une dizaine de jours bien protégés, même si à l’intérieur des remparts, les ruelles et avenues sont assez animées. Pingyao, dont le centre est interdit aux voitures (mais pas à toutes, apparemment…) permet de flâner, tout en jetant un regard aux nombreux petits magasins de souvenirs. Certains semblent vendre des antiquités, mais selon nous, il s’agit le plus souvent d’objets fabriqués en grande quantité, simplement sales, ce qui peut laisser penser qu’ils sont anciens. Nous ne nous laissons donc pas avoir! Lors de nos ballades, nous nous enfilons avec plaisir dans des cours et visitons certains anciens bâtiments. Xi’an, dix fois plus grande (plus de 4 mio d’habitants), est une ville tout ce qu’il y a de plus banal. Trafique intense, bruits, monde, grands centre commerciaux, fast food et enseignes de luxe occupent les avenues. Mais à quelques mètres seulement des grandes artères, de petites gargotes où l’on peut déguster d’excellents plats de nouilles ou de dumplings, nous font retrouver la Chine un peu plus traditionnelle que nous apprécions tant. C’est aussi dans l’une de ces ruelles que l’on pourrait acquérir un sac ou une paire de chaussure d’une marque haute couture pour une somme beaucoup plus raisonnable que dans le shop officiel… A 300 mètres de distance à peine, les contrefaçons côtoient donc leurs modèles!

Ces deux villes, différentes sous de nombreux aspects, ont un point commun plutôt sympathique: il est possible de se promener sur leur muraille. A pied à Pingyao, ou en vélo à Xi’an, en faire le tour donne un intéressant point de vue sur les toits de la ville. Bien sûr, comme tout activité sportive, tout risque n’est pas exclu… Lorsque l’on fait un peu l’imbécile et que l’on slalome autour de sa petite femme, une chute ne peut pas toujours être évitée… Mais à 100 mètres de l’arrivée, c’est un peu bête quand même, non?!

A l’extérieur des remparts de Pingyao, nous visitons la Demeure de la famille Wang puis jouons quelque peu aux aventuriers dans le château souterrain de Zhangbi. La visite guidée y est obligatoire… nous comprenons pourquoi. Seuls, nous n’aurions jamais retrouvé notre chemin dans ce labyrinthe construit il y a 1400 ans. Les tunnels descendent à plus de 26 mètres sous terre, sans aucune fondation. Nous nous y enfonçons donc pas très rassurés. A Xi’an, nous sommes émerveillés par l’armée des soldats de terre cuite. Comptant parmi l’un des plus célèbres sites archéologiques du monde, ce trésor a été découvert tout à fait par hasard en 1974 par des paysans qui creusaient un puits. Nos sols recèlent donc différentes richesses: parfois du pétrole qui peut faire la fortune de certains, parfois un trésor d’un tout autre ordre, prêt à enrichir notre civilisation d’une culture révolue.